INES(International Nuclear Event Scale)
INES : 20 ans de communication nucléaire
Aujourd'hui (15 octobre 2010), l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et l'Agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire (AEN) fêteront le 20e anniversaire de l'Échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques (International Nuclear and Radiological Event Scale - INES).
L'échelle INES a été développée conjointement par l'AIEA et l'AEN en 1990 à la suite de l'accident de Tchernobyl, son objectif étant d'aider, au niveau mondial, les autorités de sûreté nucléaire et radiologique ainsi que l'industrie à classer les événements nucléaires et radiologiques et à communiquer leur signification en matière de sûreté auprès du public, des médias et des milieux techniques.
INES a souvent été comparée à d'autres échelles utilisées pour mesurer les propriétés physiques telles que la température – les échelles Celsius, Kelvin ou Fahrenheit – ou évaluer la gravité d'événements tels les tremblements de terre, comme l'échelle de Richter. À l'instar de ces outils de mesure, INES bénéficie d'une solide assise technique et, en même temps, sa compréhension est aisée.
INES était initialement utilisée pour classer les événements ayant lieu uniquement dans les centrales nucléaires. Ultérieurement, son domaine a été étendu aux événements qui se passaient dans toutes les installations nucléaires et pendant le transport de matières radioactives, couvrant également la surexposition des travailleurs. Depuis 2008, l'échelle INES classe tous les événements liés au transport, à l'entreposage et à l'utilisation des matières et des sources radioactives, qu'ils se produisent dans les installations nucléaires ou qu'ils soient liés à des usages industriels.
De manière plus générale, INES est devenu un outil crucial de communication nucléaire. Depuis sa création, 69 pays l'ont adoptée et un nombre croissant d'États manifestent leur souhait de l'utiliser, désignant à cette fin des agents de liaison nationaux INES. Au cours des années, les autorités nationales de sûreté nucléaire en ont fait un usage grandissant et tant le public que les médias se sont familiarisés de manière croissante avec cette échelle et sa signification. Le vrai succès de l'échelle INES tient à cette familiarisation ; elle a ainsi contribué à accroître la transparence et à améliorer la compréhension des événements et activités nucléaires.
Contacts presse :
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M. Giovanni Verlini Chargé de l'information, Division de l'information Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Tél.: +43 1 2600 21281 Fax: +43 1 2600 29610 E-mail: press@iaea.org Website: www.iaea.org | ||
| L'AEN réunit 28 pays membres de l'OCDE. Sa mission consiste à aider ses pays membres à maintenir et à approfondir, par l'intermédiaire de la coopération internationale, les bases scientifiques, technologiques et juridiques indispensables à une utilisation sûre, respectueuse de l'environnement et économique de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques. | L'AIEA est la principale instance intergouvernementale de coopération scientifique et technique dans le domaine des utilisations pacifiques de l'énergie nucléaire au niveau mondial. Organisation autonome créée en 1957 par les Nations Unies, elle réalise des programmes destinés à optimiser la contribution de la technologie nucléaire à la société tout en contrôlant son utilisation pacifique. |
(Lien vers le communiqué de presse NEA)
Pour vous aider à comprendre les incidents et accidents nucléaires
INES (International Nuclear Event Scale) est une échelle qui permet de mieux situer le degré de gravité d'un événement impliquant des sources de rayonnements ionisants.
Tous les événements qui impliquent des sources de rayonnements ionisants et qui ont un impact réel ou potentiel sur la sûreté de l'homme et de l'environnement peuvent être classés sur l'échelle INES selon 7 niveaux de gravité (de 1 à 7). Cette gamme d'événements est très vaste et elle couvre aussi bien la perte ou le vol d'une source radioactive qu'un accident grave au sein d'une centrale nucléaire.
L'échelle INES, initialement conçue pour les grandes installations nucléaires, a été profondément remaniée en 2008-2009 et elle s'applique désormais à des installations nucléaires plus petites ainsi qu'aux activités industrielles et de transport impliquant des sources radioactives.
Pour vous faire une idée de la gravité d'un événement nucléaire
Les événements dont l'impact est le plus important sont appelés accidents (niveaux 4 à 7). Les événements des niveaux 1 à 3 sont qualifiés d'incidents, tandis que les événements qui ont peu d'importance du point de vue de la sûreté nucléaire sont classés au niveau 0. Les événements qui ne concernent pas la sûreté nucléaire sont dits hors échelle. Le fait, par exemple, qu'un travailleur d'une centrale nucléaire soit pris d'un malaise et soit transporté en ambulance n'est pas classé sur cette échelle.
Pour classer un événement nucléaire dans un niveau donné, les experts tiennent compte de trois critères :
- Critère 1 : Conséquences pour l'homme et l'environnement. Ce critère se divise en deux sous-critères :
- Rejets dans l'environnement : l'événement est classé entre les niveaux 4 et 7 en fonction des quantités de substances radioactives rejetées ;
- Exposition de personnes : l'événement est classé entre les niveaux 1 et 5 en fonction de la dose reçue par une ou plusieurs personnes et en fonction du nombre de personnes ;
- Critère 2 : Conséquences pour l'installation. Ce critère concerne les événements qui endommagent l'installation ou qui peuvent entraîner des conséquences pour les travailleurs au sein de l'installation, mais où ces conséquences restent négligeables à l'extérieur du site. Ces événements sont classés entre les niveaux 2 et 5.
- Critère 3 : la dégradation de la défense en profondeur* : les événements impliquant une dégradation de la défense en profondeur sont classés entre les niveaux 1 et 3. Ce critère n'est pas uniquement appliqué pour les installations nucléaires, mais également pour l'utilisation de sources radioactives et le transport de matières radioactives.
Pour vous faire une idée de la gravité d'un événement nucléaire, cliquez sur les échelons de la pyramide.
Pour vous informer selon des procédures strictes
L'échelle INES est utilisée depuis plus de 20 ans de par le monde. C'est notamment le cas en Belgique. Initialement, cette utilisation faisait l'objet d'une convention entre les exploitants des centrales nucléaires, les organismes agréés et l'autorité de contrôle de l'époque. Au bout de quelques années, cette convention fut étendue à toutes les grandes installations nucléaires. Depuis avril 2010, une convention similaire lie désormais également les installations de classe IIA. Cette convention fixe de manière formelle le mode de notification des événements et l'utilisation d'INES. Elle est signée par l'autorité compétente en matière de sûreté nucléaire (l'AFCN), les exploitants de ces établissements et les organismes de contrôle. En Belgique, tout événement classé à un niveau égal ou supérieur à 1 est communiqué sur le site web de l'AFCN. Pour les autres exploitants industriels, l'AFCN détermine le niveau INES. Dans tous les cas, l'AFCN, en sa qualité d'autorité compétente, décide du niveau d'un événement.
Pour les événements classés à un niveau supérieur ou égal à 2, l'exploitant est également tenu de publier un communiqué de presse et l'AFCN en informera l'AIEA dans le cadre de ses obligations internationales.
Lien vers les évènements classés sur l'échelle INES en Belgique pendant les 12 derniers mois
Classe I : renseignements
Le classement des événements sur l'échelle INES est d'application pour les établissements de classe I et pour les transports nucléaires de ou vers ces établissements. Les établissements belges de classe I sont :
| Etablissement | Description | Information supplémentaire |
|---|---|---|
| KCD, Doel | Kerncentrale Doel - Centrale nucléaire de Doel. Production nucléaire d'éléctricité avec 4 unités : Doel 1, Doel 2, Doel 3, et Doel 4. |
|
| ZPNT, Tihange | Zone Production nucléaire Tihange. Production d'électricité nucléaire avec 3 unités : Tihange 1, Tihange 2 et Tihange 3. |
www.electrabel.be |
| SCK-CEN, Mol | Studiecentrum voor Kernenergie - Centre d'étude de l'Energie nucléaire. Centre de recherche avec 3 réacteurs (BR1, BR2, VENUS) et divers laboratoires. |
www.sckcen.be |
| IRMM, Geel | Institute for Reference Materials and Measurements. Centre de recherche de la Commission européenne |
www.irmm.jrc.be |
| BP, Dessel | Belgoprocess. Traitement et stockage des déchets nucléaires. |
www.belgoprocess.be |
| BN, Dessel | Belgonucléaire. Production de combustible nucléaire (MOX) |
www.belgonucleaire.be |
| FBFC, Dessel | Franco-Belge de Fabrication de Combustibles | www.framatome-anp.com/index.html |
| IRE, Fleurus | Institut des Radio Elements. Production d'isotopes, principalement pour des applications médicales. |
www.ire.eu |
| THETIS, Gand | Réacteur de recherche de l'université de Gand. |
www.ugent.be |
Vous désirez en savoir plus ?
Contactez-nous : pointcontact@fanc.fgov.be
Visitez également le site de l'AIEA : www.iaea.org ou télécharger le pdf
* La défense en profondeur est l'ensemble des systèmes, des contrôles et des procédures de sûreté, centrés sur une succession de barrières empêchant la dispersion des substances radioactives. Elle consiste en différents niveaux de défense indépendants : une défaillance d'un niveau n'entraîne pas de conséquences physiques, car le niveau supérieur limite la défaillance du niveau précédent.
| Dernière mise à jour |
|---|
| 22/10/2012 - 08:49 |


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