FAQ
Applications médicales
1. Je suis enceinte de 5 semaines et, suite à une infection pulmonaire, j'ai du subir une radio des poumons. Afin de protéger mon bébé contre les rayons, j'ai du porter un tablier de plomb au niveau de mon ventre. J'ai dû enfiler le tablier à l'envers : la fermeture se trouvait devant et le plomb derrière, dans mon dos. Est-ce normal ? Le plomb ne doit-il pas se trouver sur le ventre ? Si c'est le cas, quelles peuvent être les conséquences pour l'enfant que je porte ? Réponse
La règle générale veut en effet qu'il est préférable d'éviter l'exposition aux rayons pendant la grossesse. Dans certaines circonstances, toutefois, il est inévitable de subir un examen radiologique comme ce fut le cas pour vous. La maladie dont vous souffrez peut en effet se révéler bien plus dangereuse que l'examen pour vous et pour l'enfant que vous portez. La dose de rayonnement qui vous est administrée lors d'un examen pulmonaire standard est très faible. En outre, les rayons atteignent en grande partie la cage thoracique et non pas le bas-ventre où se trouve l'embryon à ce stade précoce de la grossesse. Dès lors, même sans mesure de précaution particulière, la dose reçue par le bébé est infime.
Lorsqu'un examen radiologique est indispensable pendant la grossesse, des mesures complémentaires sont prises afin de réduire au maximum l'exposition de l'enfant à naître. Ce fut le cas pour vous puisque vous avez dû porter un tablier de plomb.
Lors d'une radiographie classique des poumons, le patient se tient face à la plaque et la source de rayonnement est placée dans son dos de manière à exposer le moins possible sa poitrine à la dose de rayonnement. Dans ces conditions, il est logique de porter le tablier avec la protection de plomb dans le dos, puisque les rayons les plus intenses viennent de ce côté.
Dans votre cas, il est donc inutile de vous inquiéter des éventuels inconvénients de cet examen pour l'enfant que vous portez.
2. Ma fille a subi un scanner CT des sinus. Nous (les parents) avons demandé pour qu'elle porte un tablier de plomb. L'infirmier nous a répondu que cette mesure ne ferait que doubler les effets des rayonnements. Est-ce exact ? Réponse
Le port d'un tablier de plomb, par exemple, est utile pour (se) protéger contre les effets indésirables des rayonnements ionisants (les rayons X en l'occurrence). A cet égard, l'infirmier à partiellement raison. Le tablier de plomb permet en effet d'arrêter les rayons au niveau des parties du corps qui ne doivent pas être irradiées (ces rayons constituent le ‘rayonnement parasite'). Par contre, le tablier ne doublera pas la dose de rayonnement reçue par le patient. Précisons que l'effet de protection sera limité puisque la partie protégée du corps se trouve généralement en dehors du champ de rayonnement réel et qu'elle n'est donc presque pas exposée aux rayonnements. Lors d'un scanner CT des sinus, le port d'un collier de plomb est toutefois bien plus efficace pour limiter la dose reçue par la thyroïde. Il est également souhaitable de protéger les yeux (le cristallin).
En conclusion, il n'est, certes, pas interdit de porter un tablier de plomb, mais son utilité sera limitée voire nulle dans la situation évoquée. Lors d'un scanner CT des sinus, il convient en tout cas de protéger des rayonnements les organes sensibles tels que le cristallin et la thyroïde. Montrez-vous donc attentif sur ce point et n'hésitez pas, si nécessaire, à demander des informations au personnel soignant.
3. Je viens de tomber enceinte et j'ai passé la journée sur un bateau. Nous avons visité la cabine de pilotage. Le capitaine nous a expliqué que le radar émettait des rayons similaires à ceux rencontrés en milieu hospitalier. Y a-t-il lieu de paniquer ? Réponse
Dans un radar, les « rayons » utilisés sont des micro-ondes (rayonnement d'un four à micro-ondes) ou des ondes radio. Les hôpitaux ont en effet également recours aux ondes radar, mais si ce n'est que de manière très limitée.
Tout comme la partie visible du spectre de la lumière, les ultraviolets et les rayons X, les ondes radio sont qualifiées d'ondes ou rayons « électromagnétiques ».
Bien que, d'un point de vue physique, ces rayons appartiennent tous à une seule et même famille, leur impact sur le corps humain et, par corollaire, les risques qu'ils représentent peuvent varier sensiblement.
Ainsi, la lumière visible n'aura pas le moindre impact sur le bébé que vous portez pour la simple raison que votre peau fait office d'écran total contre ces ondes ou rayons. A l'opposé, les rayons X qui sont appliqués sous de multiples formes en milieu hospitalier présentent eux pour l'enfant à naître des risques bien connus (voir la page consacrée à ce thème sur notre site web).
Les ondes qu'utilise un radar représentent un risque bien plus faible. Il faudrait se tenir pendant une longue période à côté d'une puissante antenne émettrice pour commencer à observer des effets notoires.
Il n'y a dès lors pas lieu de vous inquiéter au sujet de votre petite visite du bateau.
4. Mon épouse travaille dans le service d'imagerie nucléaire (PetScan) d'un hôpital. Elle est enceinte de 6 mois maintenant, et jamais on ne l'a écartée. Elle n'est pas infirmière, mais secrétaire, mais elle est au même endroit que les infirmières et patients qui sont injectés. Ses responsables lui ont même demandé de ne par rester uniquement dans son bureau au PetScan, mais de s'occuper également du secretariat des Isotopes (Scintigraphie, ...).
Y a-t-il un risque pour l'enfant? Peut-on exiger de la retirer de ce poste, vu que ses responsables ne veulent prendre leurs responsabilités? (Je veux parler des RH, Médecin responsable du service d'imagerie nucléaire, chef de son service). On lui dit verbalement que ce n'est pas grave, mais jamais par écrit... Réponse
Les embryons et les fœtus sont particulièrement sensibles aux effets des radiations ionisantes. Les risques majeurs sont l'induction de cancer, les malformations congénitales, les fausses-couches et les atteintes des fonctions cérébrales.
Les risques attribuables aux radiations ionisantes sont différents selon l'état d'avancement de la grossesse.
Après les premiers jours et pendant toute la période du développement des organes (environ les deux premiers mois de la grossesse), le risque essentiel est de provoquer des malformations. Ces malformations peuvent se retrouver à la naissance ou être à l'origine d'une fausse-couche. Sur la base d'expérimentations animales, il existerait heureusement un seuil de dose en dessous duquel ce risque n'existe pas. A partir du troisième mois de la grossesse, le risque majeur est celui de dégâts au cerveau en développement, qui peuvent être entre autres à l'origine d'un retard intellectuel.
Enfin, les expositions du futur enfant aux radiations ionisantes peuvent entraîner une augmentation du risque de développer un cancer aussi bien durant l'enfance que durant la vie adulte. Cette augmentation de risque est d'autant plus importante que la dose était importante. Contrairement aux effets décrits précédemment, cet effet peut s'observer après une irradiation à n'importe quel moment de la grossesse.
Si vous avez des craintes parlez-en à votre médecin traitant ou à votre gynécologue.
5. Je me permets de vous écrire car ma fille de 7 ans vient de faire une panoramique dentaire sans protection de la tyroïde et comme je crois savoir qu'il est important chez l'enfant de protéger la tyroïde, je voulais savoir si cela pouvait avoir une conséquence néfaste sur la santé de ma fille. Réponse
Nous vous informons que l'arrêté fixant les critères d'acceptabilité pour les appareils à rayons X destinés à être utilisés à des fins de diagnostic en médecine dentaire a été publié au Moniteur belge le 30 décembre 2008. Cet arrêté fixe les critères qui, en application de l'article 51.6.5 du RGPRI*, doivent être utilisés par l'expert agréé en radiophysique médicale lors du contrôle annuel des appareils à rayonnement X destinés à être utilisés à des fins de diagnostic en médecine dentaire. Ce document peut être consulté à tout moment sur le site web de l'AFCN.
Concrètement, cet arrêté implique qu'une fois par an au moins un expert agréé en radiophysique médicale doit procéder à un contrôle de la qualité de votre appareil à rayonnement X. Ce contrôle consiste en une vérification du respect des critères d'acceptabilité fixés dans la réglementation et il ne doit en aucun cas être confondu avec le contrôle physique. Le contrôle de la qualité de l'appareil à rayonnement X a pour objectif principal de s'assurer que l'appareil peut être utilisé sans risque accru d'exposition ne présentant aucune valeur diagnostique, afin de garantir la protection du patient et celle de l'opérateur de l'appareil. Pour sa part, le service de contrôle physique se concentre sur la radioprotection du praticien, du personnel, du public et de l'environnement, mais pas sur celle du patient.
6. Il y a quelques jours, suite à de fortes migraines, ma femme a passé un scanner cérébral avec et sans injection qui s'est révélé normal. L'objet de mon message concerne le compte rendu où il me semble que la dose de radiation est très élevée.Une amie m'a indiquée qu'elle s'était renseignée et que la norme européenne était de 1000 mGy pour un scanner cérébral or sur son compte rendu est marqué:IDENTIFICATION DU MATERIEL: SCANNER GE LightSpeed VCT 64 barrettes Estimation de la dose délivrée au patient: DLP total en (Gy.cm) = 2904,93 Je ne comprends pas si ce chiffre est normal et si c'est en mGy ou en Gy? Est-ce que cette dose de radiation peut nuire à sa santé proche et future étant donné qu'elle a déjà passé il y a un peu plus d'un an un scanner thoracique? Réponse
Le niveau de référence diagnostique (NRD) européen pour le scan cérébral est de 1050 mGy.cm.
Cette valeur ne constitue aucunement une limite de dose, mais signifie que 75% des examens standards de ce type se font avec une dose inférieure ou égale. Des facteurs liés à la problématique clinique, au patient et/ou à l'appareil (aucun des trois nécessairement aussi standards) peuvent nécessiter une dose plus élevée.
Dans le cas de votre femme, elle est de 2904,93 mGy.cm (et non Gy.cm). Un calcul sophistiqué permet d'estimer sa dose (dite « efficace ») à 6mSv, à comparer à la dose naturelle qui est de l'ordre de 4mSv/an en Belgique comme en France.
Cette dose est nettement trop faible pour entraîner d'éventuels effets aigus (perte des cheveux, brulures cutanées,..). On doute même que cette faible dose puisse augmenter le risque « naturel » d'attraper un cancer: augmentation du risque estimée à 0,03% par rapport au risque de base de 20 à 30%, donc assez négligeable.
Si le médecin-prescripteur et le radiologue ont jugé que cet examen devait être effectué, c'est qu'ils ont jugé que ce risque de cancérogénèse était nettement inférieur aux avantages escomptés de l'examen.
7. Quelles sont les risques biologiques et chimiques liés à la production de radio-isotopes? Réponse
A côté du risque lié aux caractéristiques chimiques des substances en question, il existe un risque d'irradiation parce que le phénomène de la radioactivité va de pair avec l'émission de rayonnements ionisants. Cela peut représenter un risque pour la santé, car cette exposition augmente le risque d'attraper un cancer au niveau des organes et tissus exposés. Lors d'une exposition à des doses élevées, des brûlures au niveau des organes et tissus exposés peuvent être provoquées. Ce dernier phénomène est par ailleurs utilisé en médecine lors de certains traitements en radiothérapie afin d'éliminer des cancers en les irradiant à de fortes doses. Il existe des moyens de protection efficaces contre les radiations ionisantes et, pour cette raison, l'AFCN attache une grande importance au fait que les mesures requises soient prises pour éviter toute forme de risque, même mineur. Dans le cas d'isotopes radioactifs, le moyen de protection le plus efficace est d'éviter tant que possible une contamination par ces substances.
Quelques informations sur les isotopes médicaux

8. J'ai subi la semaine dernière une radio de mon cœur l'hôpital. J'ai dû au préalable ingurgiter une boisson. Le personnel soignant m'a dit que la boisson en question contenait des matières radioactives qui permettaient de mieux connaître mon cœur. Est-ce vrai ? Les matières radioactives contenues dans la boisson peuvent-elles être nocives pour ma santé ? Réponse
A certains égards, l'utilisation directe de substances radioactives constitue une alternative à la radiographie morphologique. Les spécialistes ont en effet constaté qu'il est possible d'obtenir des images totalement différentes des tissus et des organes en introduisant des sources radioactives dans le corps (soit par ingestion (comme dans votre cas), soit par injection) et en les laissant circuler.
La source radioactive émet un rayonnement énergétique qui est capté par la caméra. L'informatique analyse ensuite les images. Comme la source de rayonnement se trouve dans le corps, il est possible de prendre des clichés du fonctionnement des organes. Cette technique et sa version tridimensionnelle, la tomographie, sont utilisées pour examiner la thyroïde, le squelette ou le cœur.
De la sorte, le personnel soignant ne dispose pas seulement d'un cliché ‘instantané' de votre cœur, mais bien d'une analyse tridimensionnelle du fonctionnement de l'organe dans le temps.
La boisson en question n'entraîne aucun effet secondaire et n'est, par conséquent, pas nocive pour votre santé.
9. J'ai récemment lu avec attention votre article sur le site web de l'AFCN concernant la campagne de régularisation menée dans le secteur de la médicine dentaire. Comme je devais subir un contrôle quelques jours plus tard chez mon dentiste, j'en ai profité pour lui demander s'il avait également été contrôlé. Etant donné qu'un dentiste indépendant et son appareil à rayons X sont davantage isolés que les appareils présents dans des établissements hospitaliers, je me demandais s'il existait une liste des dentistes en ordre au niveau de ces appareils. Les hôpitaux sont supposés contrôler quotidiennement le dosage des rayonnements, mais qu'en est-il des dentistes particuliers ? Que se passe-t-il avec les appareils qui ne sont pas en ordre ? Supposons que le rayonnement émis soit trop élevé, les mesures de protection prises par les dentistes sont inexistantes. Comment un patient peut-il savoir qu'il n'a pas reçu une dose trop élevée ? Pouvez-vous me fournir une liste des dentistes en ordre au niveau de leurs appareils et vis-à-vis de la réglementation ? Réponse
Pour répondre à vos questions, je vous confirme que la quantité de rayonnement utilisée dans un cabinet dentaire est infime. Elle se mesure en centièmes de millisievert (= 0.01 mSv, le Sievert étant l'unité de la dose effective, qui prend en compte la sensibilité des tissus irradiés et le type de rayonnement émis, en l'occurrence le rayonnement X). Dans le cas d'un cliché dentaire intra-oral, la dose est d'environ 0.001 mSv (il s'agit du cliché le plus courant pris à une distance de 3 à 4 cm des dents). A titre de comparaison, je vous soumets quelques valeurs d'autres examens radiologiques : radio des dents 0.01 mSv < radio du thorax 0.1 mSv < radio de la colonne vertébrale lombaire 1 mSv < CT-scan de la plèvre et de l'abdomen 10 mSv.
Bien que l'on puisse penser que les dentistes indépendants subissent moins de contrôles, l'AFCN suit de près le secteur dentaire depuis plusieurs années (notamment dans le cadre de la campagne de régularisation). Ainsi, chaque dentiste doit prouver qu'il est diplômé en médecine dentaire et qu'il a suivi une formation lui permettant d'utiliser les rayonnements ionisants. Lorsque ces conditions sont remplies, l'AFCN délivre une ‘autorisation pour l'utilisation des rayons X à des fins de diagnostic dentaire'. Cette autorisation s'accompagne, pour quiconque utilise les rayonnements ionisants, de l'obligation légale de suivre une formation continue de niveau universitaire afin de maintenir à niveau ses connaissances et compétences dans le domaine de la radioprotection. Un cabinet dentaire est également tenu de respecter une série d'obligations. Une ‘autorisation de création et d'exploitation', délivrée par l'AFCN, atteste qu'un cabinet dentaire satisfait à toutes les conditions en matière de radioprotection. Parmi ces conditions, le local de l'appareil doit être au moins contrôlé annuellement par un expert agréé en contrôle physique afin de garantir la radioprotection de l'utilisateur, du personnel et du public. En outre, un expert agréé en radiophysique médicale effectue un contrôle périodique de la qualité de l'appareil dans le cadre de la radioprotection du patient. Ces radiophysiciens œuvrent pour la radioprotection du patient en essayant de réduire la dose à un niveau aussi bas que raisonnablement possible tout en conservant une qualité d'image optimale. En 2009, les critères de qualité ont été actualisés, notamment l'obligation de procéder au moins annuellement à ce contrôle de qualité.
Bien que les dentistes n'appliquent (en apparence) aucune mesure de radioprotection, ils sont toutefois protégés. Les trois principes fondamentaux de la radioprotection sont les suivants : distance, temps et écran. La distance concerne principalement l'opérateur de l'appareil. Pour un appareil radiographique dentaire, il suffit pour l'opérateur de se tenir à une distance d'au moins deux mètres du patient (il s'agit de la principale source de rayonnement parasite) lors de la prise de clichés. Dans le cas qui nous occupe, le facteur temps n'est pas pertinent dans la mesure où les clichés pris sont de l'ordre de 0,1 seconde. En ce qui concerne l'écran, l'expert agréé en contrôle physique évalue s'il convient de renforcer le blindage des parois (notamment avec du plomb) ou l'équipement de protection de l'opérateur (port d'un tablier de plomb...). Certains dentistes choisissent d'enregistrer la dose qu'ils reçoivent au moyen d'un dosimètre. L'AFCN a récemment promulgué des recommandations sous la forme de ‘good practices' destinées au secteur de la médecine dentaire. Lorsqu'elles sont respectées, elles permettent d'optimiser la protection du patient et de l'opérateur. Vous pouvez consulter ces recommandations sur notre site web à l'adresse : www.fanc.fgov.be > profil secteur médical > médecine dentaire.
En tant que patient, il ne vous est pas possible de savoir si vous avez reçu une dose trop élevée. Les rayons X sont impalpables, inaudibles et invisibles. Ils peuvent par contre être mesurés. Les incidences d'une dose trop élevée ne sont pas non plus perceptibles et cela d'autant plus dans le cas de radiographies dentaires (les doses utilisées sont trop faibles pour des effets déterministes et la période de latence pour les effets stochastiques est trop longue). Les mesures relevées par l'expert agréé en radiophysique médicale permettent de déterminer le nombre de doses d'une valeur spécifique qu'un patient a reçues. Les risques inhérents aux examens radiographiques peuvent également être calculés sur le site suivant : www.x-rayrisk.com Introduisez le type d'examen que vous avez subi et le site vous indiquera s'il existe un risque accru de développer un cancer terminal (un des principaux effets d'une dose trop élevée de rayonnements ionisants).
10. Suite à une chute, mon fils de 4 ans a subi un examen crânien de type CT scan. J'ai dû porter un tablier de plomb, mais pas lui. J'aimerais savoir quelles peuvent être les conséquences néfastes pour mon fils. Réponse
L'examen CT réalisé implique en effet l'administration d'une certaine dose de rayonnement puisqu'il est impossible d'effectuer un examen radiographique sans rayonnement. Vous pouvez toutefois vous rassurer : la dose délivrée lors d'un examen unique de ce type est limitée (de l'ordre de grandeur d'1 mSv) et le risque, s'il existe, est lui aussi minime, même pour votre jeune fils. Les services d'imagerie médicale sont par ailleurs particulièrement attentifs à l'aspect « radioprotection », surtout lorsque le patient est un enfant.
Le médecin qui prescrit un CT scan considère, d'une part, les avantages escomptés (dans ce cas, il souhaitait pouvoir exclure toute fracture crânienne ou hémorragie cérébrale qui auraient nécessité une intervention en urgence) et, d'autre part, les inconvénients comme les risques inhérents aux rayons X. L'examen ne peut avoir lieu que si la balance penche clairement en faveur des avantages que présente l'examen. Je pense que ce principe a été respecté dans votre cas.
Comme le veut l'usage, vous avez dû porter un tablier de plomb pour vous protéger contre le rayonnement émis. En effet, ce rayonnement ne présentait pas, en ce qui vous concerne, le moindre avantage, tout au plus un simple risque. Pour votre fils, par contre, ces rayonnements avaient toute leur utilité en termes d'examen médical et éventuellement de traitement médical. Dans le cas de votre fils, le port d'un tablier n'avait que peu de sens et il comportait un risque réel de perturbation de l'image. Le cas échéant, le cliché aurait dû être recommencé, ce qui aurait augmenté la dose administrée. Cela dit, le port d'un tablier de plomb peut aussi avoir son utilité pour les patients – et plus particulièrement pour les enfants – dans toute une série d'examens : lors d'une simple radiographie de la cage thoracique, par exemple, le tablier de plomb permet de protéger efficacement le bas-ventre (et donc les organes de reproduction).
11. J'ai vu une annonce pour un CT scan corps entier sur un site web. Est-ce que je cours un risque si je réponds à cette annonce pour subir l'examen ? Réponse
Vous devez être très prudent.
Ceci peut comporter un risque pour votre santé. En effet, si cet examen n'est pas indiqué dans votre situation, il n'est pas recommandé d'y avoir recours. Le risque pour votre santé sera supérieur au bénéfice qui pourrait en être retiré. Le CT scan corps entier n'est en outre pas reconnu comme examen de dépistage dans les recommandations internationales. Cet examen est fort irradiant et peut induire un cancer à long terme.
Il est fort probable que le seul but de ce racolage par internet soit commercial. Le prix demandé pour l'examen risque d'être exorbitant et ne sera pas remboursé par la sécurité sociale, contrairement à ce qui se passe dans la filière classique, lorsque vous passez par votre médecin qui vous prescrit un CT scan uniquement dans certains cas.
De plus, ces pratiques sont illégales. Si vous êtes confronté à ce type d'annonce, nous vous prions de bien vouloir nous en faire part.
Protection de la population, des travailleurs & de l'environnement
1. J'ai entendu à la radio qu'il était possible d'obtenir gratuitement un détecteur de radon pour habitation privée. Pourriez-vous me le confirmer et me dire comment l'obtenir? Réponse
Les mesures radon se font pendant trois mois en saison froide (entre octobre et avril). Les tests radon sont distribués par des instances locales et coutent €30 (les tests de dépistage radon ne sont pas distribués gratuitement). Consultez notre site web pour les adresses des fournisseurs de tests dans la province ou vous habitez.
2. Bonjour, Est-ce que le radon peut avoir une influence sur la thyroïde ? Nous avons ma femme et moi, notre thyroïde détruite (maladie auto-immune). Elles auraient été détruites par notre organisme d'après l'endocrinologue ? Mais nous ne comprenons pas comment cela est possible en moins d'un an ? Merci pour votre réponse. Réponse
Le radon peut provoquer, après une exposition de plusieurs années à des taux élevés, un cancer pulmonaire. C'est le seul risque reconnu du radon, après nombres d'études épidémiologiques et cliniques internationales. Il n'y a pas de lien avec la thyroïde, ni avec d'autre maladies.
De plus amples informations sont disponibles sur notre site web: www.fanc.fgov.be
3. Le site de Tchernobyl représente-t-il encore un risque pour notre santé ici en Belgique ? Réponse
La catastrophe de Tchernobyl survenue le 26 avril 1986 a mené au relâchement de produits nocifs radioactifs sous forme de gaz, aérosols et poussière qui ont contaminé les environs de Tchernobyl mais aussi tous les pays avoisinants se trouvant sous les vents dominants. La Biélorussie a été la plus exposée. Pour sa part, la Belgique a été contaminée mais les taux sont restés en dessous des normes d'application.
La réparation à la hâte de la structure du bâtiment réacteur effectuée tout de suite après l'accident n'offrait qu'une solution temporaire qui s'est dégradée progressivement avec les intempéries. La communauté internationale consciente du défi majeur posé par cet accident a lancé en 1997 un projet visant à stabiliser le bâtiment et à rendre le site environnementalement sûr.
On peut se réjouir que la stabilisation du bâtiment soit aujourd'hui achevée, ce qui réduit très fortement le risque que des incidents ou accidents menant au relâchement de contamination supplémentaire n'aient lieu et permet d'attendre sereinement le moment où l'arche de recouvrement sera placée. Ce projet a un budget de l'ordre du milliard d'euro et devrait être achevé à l'horizon 2013. En tout cas, la reproduction de l'accident de 1986 n'est pas possible et le risque de voir un nuage radioactif provenant de ce réacteur est extrêmement faible. Il n'y a en effet plus de réaction nucléaire à l'intérieur du réacteur et l'occurrence de conditions accidentelles menant à une réactivation de la réaction en chaîne des matières toujours présentes dans le réacteur, est très improbable.
La Belgique dispose par ailleurs de plans d'actions précis de protection de la population en cas de crise radiologique. Cette brochure "Comment se protéger en cas d'accident nucléaire"
vous éclairera sur la question.
4. Nous venons d'apprendre que le volcan islandais est radioactif. Y a-t-il des risques pour la santé ?Réponse
Le nuage de fumée du volcan islandais Eyafjallajokull contenait en effet des particules radioactives. Celles-ci proviennent de l'uranium et du thorium présents à l'état naturel dans l'écorce terrestre et donc dans le magma à partir duquel s'est formé le nuage de fumée. Etant donné l'ampleur de la dispersion du nuage de fumée, les quantités de particules radioactives sont si minimes qu'elles ne sont pas inquiétantes. Diverses études menées en Europe ont montré que le passage du nuage de fumée n'a entraîné aucune augmentation mesurable de la quantité de particules radioactives qui a touché la surface de la terre, notamment en raison du phénomène de dilution dans l'air et de l'altitude à laquelle se trouvent ces particules (entre 1000 et 2000 mètres).
Eu égard à la mission de protection de la population contre la radioactivité dévolue à l'AFCN, celle-ci a suivi avec une attention particulière cette éruption volcanique. L'AFCN surveille le niveau de radioactivité à la surface de la terre grâce à son réseau de mesure Telerad et grâce à des analyses spécifiques d'échantillons de sol, d'eau et d'aérosols (fines particules). L'AFCN a procédé à des analyses de la radioactivité des particules provenant de (filtres installés sur) ces balises aérosols pour la période en question (~15 au ~22 avril). Elle n'a constaté aucune augmentation au niveau des valeurs mesurées. De même, les données Telerad enregistrées au cours de cette période ne présentaient ni augmentation du débit de dose gamma, ni anomalie dans les valeurs aérosols (alpha en bêta).
Applications médicales & industrielles
1. Les éléments radioactifs présents dans les détecteurs de fumée ioniques sont-ils dangereux pour la santé publique ? Est-il exact que pour remplacer un appareil de ce type, il suffit de dévisser et de remplacer la partie inférieure, tandis que la partie supérieure reste fixée au plafond ? Le remplacement de ce type d'appareil doit-il être effectué par un spécialiste ou peut-il être effectué par n'importe qui ? Réponse
Les détecteurs de fumée ioniques contiennent généralement une source de très faible activité (inférieure à 40 kBq). Par ailleurs, la structure de l'appareil empêche, en conditions d'utilisation normales, toute propagation des substances radioactives dans le milieu ambiant. Lorsqu'il fonctionne normalement, l'appareil ne génère, en aucun point situé à une distance de 10 cm de sa surface extérieure, un débit de dose supérieur à 1 microsievert par heure.
En d'autres mots, un détecteur de fume ionique ne représente pas le moindre danger en conditions de fonctionnement normales et il peut être installé sans mesure de précaution.
Tous les dix ans, les détecteurs de fumée doivent subir un entretien pour garantir leur bon fonctionnement. Cet entretien consiste principalement à dépoussiérer le détecteur et ne porte pas sur la source radioactive.
2. Je travaille dans une entreprise qui fabrique des pièces automobiles à partir de matières premières (du fer) en provenance d'Inde. Nous nous demandons régulièrement si ces matériaux ne sont pas radioactifs. Quelle est la législation en la matière ? Quels documents doivent accompagner ces matériaux et à quels contrôles sont-ils soumis ?
Depuis un an, nous demandons à cette entreprise sidérurgique indienne de nous fournir un document attestant de la sûreté du matériel et de sa conformité avec la réglementation européenne. Il semble toutefois que cette pratique n'est pas courante en Inde et ils ne nous fournissent aucune attestation. Réponse
Actuellement, la réglementation belge ne prévoit aucun contrôle obligatoire pour les matières premières (fer) provenant d'Inde.
Au niveau du Port d'Anvers, les douanes organisent un contrôle systématique des matériaux importés et exportés au moyen de portiques de détection. Peut-être pouvez-vous vérifier si le chargement en provenance d'Inde est passé par un terminal équipé d'un portique de détection ?
En ce qui concerne les certificats :
- La réglementation belge prévoit, en matière de concentration en radio-isotopes, des limites qui ne peuvent être dépassées.
- En Belgique, il n'existe pas de système de certification de l'absence de radioactivité. La certification n'est pas obligatoire. Chaque industriel procède à des contrôles et à des mesures pour son propre compte.
Nous vous conseillons de rester très prudent par rapport aux certificats délivrés par un industriel lorsque vous n'avez aucune information sur les méthodes qu'il utilise pour effectuer ses mesures.
Une attestation peut éventuellement être obtenue auprès d'un organisme de contrôle physique agréé (Techni-Test, AV Controlatom) qui réalise des mesures sur place.
Il est en outre possible d'acheter un appareil de mesure portable qui permet de vérifier si la radioprotection de votre lieu de travail est assurée. Agissez en concertation avec votre employeur et l'organisme agréé.
3. J'ai entendu dire que des épices étaient stérilisées en utilisant la radioactivité. Est-ce vrai ? Les épices ne sont-elles alors pas radioactives ? Réponse
Avant d'être commercialisées, les épices sont en effet exposées aux rayonnements ionisants afin d'éliminer les bactéries qu'elles portent naturellement en elles. Les aliments ne deviennent absolument pas radioactifs suite à cette exposition. Celle-ci sert à détruire les micro-organismes ou les insectes, à stériliser et à pasteuriser les produits.
Les cuisses de grenouille, les crevettes, le poulet, les œufs, les produits surgelés et les légumes sont d'autres denrées alimentaires qui sont également traitées par irradiation. Dans le cas des légumes, ce procédé permet de ralentir la germination (notamment pour l'ail et les oignons). Les aliments ne sont ni contaminés, ni radioactifs.
Etablissements nucléaires de base
1. Quelle est la nature de la fumée qui se dégage des tours de refroidissement d'une centrale nucléaire ? Réponse
Contrairement à ce que certains pensent, la fumée blanche qui se dégage des importantes tours de refroidissement des centrales nucléaires n'est pas polluante puisqu'il s'agit de vapeur d'eau.
Le réacteur d'une centrale nucléaire contient de l'uranium. Dans le réacteur, les noyaux atomiques de l'uranium sont divisés par les neutrons. Lorsque le noyau est divisé, les atomes d'uranium dégagent plusieurs neutrons et des rayons ionisants. Ces neutrons libérés provoquent à leur tour une nouvelle fission des noyaux d'uranium, c'est ce que l'on appelle la réaction en chaîne. La chaleur ainsi produite est utilisée pour chauffer l'eau du circuit des turbines et former de la vapeur. Cette vapeur permet d'actionner les turbines et, à l'instar d'une dynamo, cette turbine produit de l'électricité. La fumée blanche qui se dégage des tours de refroidissement d'une centrale nucléaire, provient du refroidissement de la vapeur sortant de la turbine.
2. J'ai acheté quelques bouteilles du millésime 1986 d'un grand cru roumain issu d'un vignoble réputé mais proche de la frontière ukrainienne. Existe-t-il un risque de radioactivité nocive en cas de consommation, du fait de l'accident de Tchernobyl? Peut-on faire analyser un échantillon? Réponse
Les rejets de l'accident de Tchernobyl se sont étalés sur environ 10 jours, de fin avril à début mai.
La Roumanie a été survolée par les nuages radioactifs, et les dépôts mesurés y ont été très variables selon les conditions météorologiques locales. Les valeurs de dépôt n'excèdent toutefois pas 100000 Bequerel (Bq) par m². Vous pouvez visualiser la carte des dépôts sur le site de l'UNSCEAR en suivant le lien http://www.unscear.org/unscear/en/chernobylmaps.html Pour vous donner plus de détails, il serait utile de nous préciser le terroir d'origine du vin que vous avez acheté.
Ce qui est rassurant, c'est qu'à l'époque de l'accident, c'est à dire au début du printemps, les vignes devaient à peine avoir commencé à développer leur feuillage. De ce fait, la contamination directe des plantes par les retombées ont dû être limitées et, de plus, plusieurs mois se sont écoulés avant la formation des fruits. La contamination du raisin, par transfert d'une fraction (de l'ordre du pourcent) de ce qui avait été retenu par le feuillage, a donc été relativement faible. Ce point est difficilement quantifiable sans avoir d'avantage d'information quant à l'origine du vin et sans information concernant le stade de développement de la vigne au moment du dépôt.
L'essentiel du dépôt s'est donc fait en surface des sols. Sachant que les racines des pieds de vigne pénètrent profondément dans le sol à la recherche d'éléments nutritifs et d'eau, elles ne captent que très peu de ce dépôt en surface. Des chiffres publiés par la Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FNSEA – France), en collaboration avec l'Institut de Protection et de Sûreté Nucléaire (IPSN – France), montrent que pour 100000 Bq de Césium-137 déposés sur 1 m² de sol, moins de 1 Bq se retrouvent dans 1 litre de vin rouge. Au fil des années, les interactions entre les constituants du sol (principalement l'argile) et le Césium immobilisent ce dernier de sorte qu'il soit de moins en moins absorbé par les plantes.
Du fait du procédé de vinification (pressage, macération, filtration ...), seule une partie de la radioactivité en Césium du raisin (de l'ordre de 50%) se retrouve dans le vin.
Quelle que soit la contamination initiale du vin, il faut encore dire que, depuis 1986, près de la moitié du césium-137 présent a disparu (c'est le propre de la radioactivité de diminuer avec le temps). Enfin, le teneur en potassium du vin est d'environ 1 g par litre ; or certains atomes de potassium sont naturellement radioactifs (1 g de potassium apporte 30 Bq de potassium-40 radioactif). Il est plus que vraisemblable que la radioactivité naturelle de votre vin soit supérieure à la radioactivité due à Tchernobyl.
Pour connaître avec certitude la teneur en Césium radioactif de votre vin, il faudrait le faire mesurer par un laboratoire spécialisé (comptez environ 100 €), mais je ne crois vraiment pas que ce soit nécessaire.
3. Nous sommes une entreprise du secteur de l'informatique bancaire. Nous sommes sur le point de conclure un accord avec un partenaire au Kazakhstan (KZ) mais des rumeurs et des infos circulent. Pouvez-vous nous dire si vous considérez actuellement risqué d'envoyer des employés et leurs femmes (dont une femme enceinte!) dans la ville de Alamaty? Réponse
En réponse à votre question, je n'ai pas connaissance de l'existence d'un risque radiologique particulier dans la ville d'Almaty ou dans ses environs immédiats.
Certains territoires du Kazakhstan ont été l'objet de contaminations radioactives lors d'essais nucléaires soviétiques (comme le polygone d'essai de Semipalatinsk), mais sans incidence particulière sur la région d'Almaty. J'y ai séjourné personnellement à plusieurs reprises et les débits de dose que j'y ai mesurés son du même niveau que le bruit de fond mesuré en Belgique.
Un séjour à Almaty ne représente pas un risque particulier d'un point de vue radiologique. Il n'y a pas d'avantage de contre-indication pour le séjour de femmes, même enceintes.
4. Je suis enseignant et j'ai été particulièrement attentif aux mesures à prendre en cas d'accident nucléaire, publiées par le gouvernement fédéral. Parmi ces mesures, l'une a retenu mon attention: les parents sont invités à laisser leurs enfants à l'école car les "enseignants savent ce qu'ils ont à faire". Or, je m'aperçois que je ne sais pas vraiment que faire. Disposez-vous d'un dossier expliquant les dispositions à prendre par les enseignants en cas d'accident nucléaire? Réponse
Votre école ne se situe pas dans une zone de planification d'urgence nucléaire de l'IRE Fleurus ni de la centrale nucléaire de Tihange. Toutefois, l'école doit néanmoins remplir son plan interne d'urgence pour toute une série d'autres risques.
Je vous suggère de consulter le site internet de la Communauté française www.espace.cfwb.be/sippt et de suivre le lien suivant: > Banque de connaissances > Obligations administratives > Plan interne d´urgence > Dispositions en cas d´incident nucléaire.
Vous pouvez également vous référer à la circulaire n° 2115 du 03/12/2007 également disponible sur ce site. Pour tout renseignement concernant le PIU, vous pouvez contacter:
Madame Pascale LHOEST
Conseillère en prévention
Ministère de la Communauté française - Direction du SIPPT
Rue Belliard 9-13
1040 BRUXELLES
02/213.59.65
5. A quelle instance puis-je m'adresser pour connaître les dates et les heures des essais des sirènes nucléaires ? Réponse
Les sirènes sont testées le premier jeudi de chaque mois entre 8h45 et 10h15.
De plus amples informations sont disponibles sur le site du Centre de Crise : http://www.crisis.ibz.be/index.php?option=com_content&task=view&id=193&Itemid=145&lang=french
6.J'ai récemment entendu que l'énergie nucléaire ne produit pas de CO2. Est-ce vrai ? Réponse
En fait, il n'est pas exact d'affirmer qu'une technologie de production d'électricité ne produit pas de CO2 pour la simple et bonne raison que les infrastructures, leur entretien et leur cycle de vie nécessitent des actions qui impliquent l'émission de CO2. Dès lors, tant pour l'énergie nucléaire que pour certaines autres formes d'énergie, il convient de se montrer plus nuancé et de parler de « technologies dont la phase de production d'électricité ne produit pas de CO2 ».
C'est le cas pour l'énergie éolienne, l'énergie hydraulique et les panneaux solaires. Indépendamment de leur processus de production, toutes ces technologies entraînent l'émission de CO2 dans la mesure où les turbines éoliennes doivent être fabriquées, transportées, installées, etc.
L'Institut suisse Paul Scherrer s'est spécialisé dans l'analyse détaillée de toutes les émissions chimiques provenant des activités humaines. Il publie depuis de nombreuses années des rapports sur ce thème. Le travail du Docteur Stefan Hirschberg porte sur le cycle de vie des différentes formes de production d'énergie – de l'extraction du combustible au démantèlement des installations. Sa principale constatation est que l'énergie nucléaire, l'énergie éolienne, l'énergie hydraulique et, dans une moindre mesure, l'énergie photovoltaïque se tiennent de près et ne contribuent que très faiblement à l'émission de CO2.
Déchets radioactifs
1. J'ai appris qu'un lieu de stockage de déchets radioactifs était implanté à Dessel. N'est-ce pas dangereux ? Y a-t-il de la radioactivité dans l'air ? Réponse
Aujourd'hui, les déchets radioactifs sont entreposés temporairement dans des installations prévues à cet effet et ce d'une façon sécurisée.
À l'avenir, les déchets seront stockés de manière quasi définitive en fonction du risque qu'ils présentent, soit dans un entrepôt spécifique en surface, soit profondément dans le sol dans des fûts hermétiques.
Bien qu'il n'existe normalement aucun risque de libération de rayonnements radioactifs, des examens sont régulièrement effectués sur les incidences éventuelles du site de dépôt sur l'environnement. Ces examens permettent de contrôler la qualité de l'air, des eaux de surface et des eaux souterraines. Les résultats de ces mesures sont communiqués à la population.
2. Connaît-on déjà une solution pour les déchets de moyenne et de haute activité à longue durée de vie ? Réponse
La Belgique n'a pas encore pris de décision sur la gestion à long terme des déchets de catégories B et C. Toutefois, le Centre d'Etude nucléaire examine en détail depuis 1973 la couche d'argile qui se trouve en son sol et qui pourrait permettre de stocker les déchets dans des couches géologiques en profondeur. Nous disposons donc d'options réelles. La Belgique tient toutefois à ne pas se précipiter et à approfondir ses analyses. Le premier dépôt n'est pas prévu avant 2040.
Contrairement aux déchets de catégorie A (les déchets de haute et de moyenne activité à courte durée de vie, dépôt définitif en surface), le gouvernement n'a à ce jour pris aucune décision de principe sur le choix d'une solution à long terme pour les déchets de haute radioactivité à longue durée de vie.
L'ONDRAF (l'Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies) prépare actuellement le ‘Plan Déchets'. Ce plan doit explorer les différentes options en matière de gestion à long terme des déchets radioactifs (à l'exclusion des déchets de catégorie A dont le sort a été réglé en 2006). L'AFCN est invitée à rendre un avis sur le Plan Déchets et sur l'étude d'incidences sur l'environnement (EIE).
3. Où sont conservés les déchets nucléaires en Belgique ? Réponse
Selon le rapport 2003 de l'ONDRAF, notre pays stocke actuellement 2400 tonnes de déchets hautement actifs. Depuis des années, les déchets de haute radioactivité sont stockés ‘temporairement' à Doel, Tihange et Dessel. Une partie est également envoyée à La Hague pour être retraitée et revient sous forme de plutonium ou de déchets vitrifiés.
En ce qui concerne les déchets de faible radioactivité, des discussions sont en cours avec Mol, Dessel, Farciennes et Fleurus afin d'installer des sites de stockage.
4. Combien de temps les déchets nucléaires restent-ils radioactifs ? Réponse
Les déchets nucléaires sont classés en fonction de leur niveau d'activité et de leur durée de décroissance. Certains déchets ont, par exemple, un niveau de radioactivité très élevé mais une décroissance courte. D'autres ont, par contre, une faible activité et une décroissance longue.

Sur base de ces 2 facteurs, les déchets nucléaires sont répartis en 3 catégories :
- Catégorie A : déchets de faible ou moyenne activité à vie courte
- Catégorie B : déchets de faible ou moyenne activité à vie longue
- Catégorie C : déchets de haute activité à vie courte ou longue
| Dernière mise à jour |
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| 27/08/2012 - 08:39 |




