L'AFCN, le SPF Santé publique et l'INAMI main dans la main pour une exposition radiologique justifiée des patients
Cette semaine, le Centre fédéral d'Expertise des Soins de Santé (KCE) a braqué à juste titre les projecteurs sur la question de la dose élevée de rayonnements reçue par les patients lors d'examens radiologiques. L'AFCN souscrit entièrement aux conclusions du KCE en la matière et elle a dévoilé, le 26 juin dernier à l'occasion d'une table ronde consacrée à la radiologie, les niveaux de dose de référence pour chaque type d'examen diagnostique.
Recours croissant aux CT-scans
En vue de réduire l'exposition encore trop souvent superflue des patients aux rayonnements ionisants dans le cadre d'examens médicaux, l'Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN) a récemment défini les premiers niveaux de référence diagnostiques belges par type d'examen pour les centres radiologiques. Ces niveaux doivent les aider à réduire les doses moyennes aux patients sans nuire à la qualité diagnostique. En effet, les dernières estimations démontrent que cette exposition médicale aux rayonnements représente environ 43% de l'exposition annuelle moyenne totale de la population aux rayonnements ionisants. Avec ce chiffre, la Belgique figure parmi le peloton de tête européen. Cette contribution du secteur médical a sensiblement augmenté au cours des dernières décennies en raison principalement du recours croissant aux CT-scans.
L'AFCN souligne que, sans porter préjudice à la qualité des soins de santé, la marge d'optimisation reste importante. Il convient, d'une part, d'éviter les examens inutiles et, d'autre part, de ne pas dépasser la dose réellement nécessaire.
Les niveaux de référence présentés par l'AFCN doivent aider les radiologues à vérifier, optimiser et, dans de nombreux cas, réduire la dose qu'ils utilisent pour un certain type d'examen. Ces niveaux de référence ont été définis à partir de l'analyse des données de doses aux patients recueillies par l'AFCN auprès des centres radiologiques. Environ 60% de ces centres, aussi bien publics que privés, ont collaboré à ce projet. Par contre, l'AFCN ignore où se situent par rapport à ces niveaux de référence les 40% de centres qui ne lui ont pas communiqué leurs données de doses. Bien qu'en Belgique, la dose moyenne par examen ne soit pas excessive par rapport aux pays étrangers, nous constatons que certains d'entre eux, comme la France ou le Royaume-Uni, sont parvenus à réduire drastiquement cette moyenne après avoir répété à plusieurs reprises cet exercice d'optimisation.
L'AFCN estime que le comportement des médecins prescripteurs constitue un autre aspect du problème tout aussi important. Le graphique ci-après montre que la Belgique figure non seulement parmi les premiers du classement en ce qui concerne la dose totale de rayonnement, mais qu'elle arrive également en tête en ce qui concerne le nombre de CT-scans effectués (environ 2 millions par an pour une population de 10 millions d'habitants). Il convient dès lors de se demander si tous ces examens sont justifiés, s'ils ne sont pas trop facilement prescrits ou encore si d'autres techniques moins nocives ne permettraient pas d'obtenir un résultat équivalent. Afin d'influencer positivement le comportement de prescription, l'AFCN, le SPF Santé publique et l'INAMI se sont associés pour mener une action de conscientisation à grande échelle qui sera prochainement lancée.

Source: International Radiological Protection Association, Olerud Hilde et al. (HERCA), Helsinki – Juin 2010.
Pour de plus amples informations :
Karina De Beule
Porte-parole 0475/480598
AFCN – Rue Ravenstein 36 - 1000 Bruxelles - Tél. 02/2892111 - www.fanc.fgov.be
9 Juillet 2010




